Les enjeux alimentaires

Vus par les jeunes Montréalais

Source de plaisir, l’alimentation est une entrée féconde pour comprendre les habitudes de consommation des enfants, leurs aspirations mais aussi leurs préoccupations. Tour d’horizon.

Éliane Brisebois

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Parce que le Choix du Président était un partenaire important de l’édition 2017 Tours de tables, et que des grignotines étaient servies à tous les participants pour amorcer la discussion, les jeunes ont été invités à parler de leur collation santé préférée. C’était l’occasion de mesurer leur acculturation à une alimentation saine et variée, leur accès à des épiceries ou à des fruiteries de quartier, et, plus largement, de sonder leur rapport à la nourriture. Même s’il s’agissait d’une question courte, d’un préambule plus que du sujet de la discussion lui-même, il est possible de tirer certains apprentissages de ces Tours de tables. Il conviendrait toutefois d’y consacrer une prochaine édition ou d’accompagner ces consultations publiques d’une étude plus systématique.

Variété, plaisir et santé

Les enfants et les adolescents ont montré par leurs réponses qu’ils sont en contact avec une grande diversité d’aliments : mangues, cerises, pommes, fraises, framboises, bleuets, melons, pêches, caramboles, ananas, litchis, fruits du dragon, poires, clémentines, mandarines, oranges, concombres, maïs, tomates, brocolis, céleris, épinards, carottes, yogourts, barres tendres, etc. L’augmentation de la disponibilité de certains aliments exotiques au Canada dans les dernières années (Statistique Canada, 2007) peut expliquer que certains fruits tropicaux gagnent en popularité et soient connus et appréciés des jeunes. Certains se sont montrés très affirmés dans leurs goûts :

« Les cerises, parce que ça sent bon et c’est rare. J’en mange souvent pour ma collation. »

Justin, 9 ans, Saint-Laurent

« Ben moi, mon fruit préféré, je l’aime toujours, c’est le melon d’eau. C’est mon préféré. Parce que depuis que je suis petit, j’mange ça pis j’ai jamais dit : “J’en peux plus !” J’en mange toujours, toujours, toujours. »

Housem, 11 ans, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

« Des épinards ! C’est vrai, depuis que je suis tout petit j’aime ça et une fois j’étais dans le métro, et là, je n’étais pas sage et ma maman m’a dit, “Mathéo si tu n’es pas sage tu n’auras pas d’épinards !” et là toutes les personnes ont regardé bizarrement en se disant “mais elle a quoi, elle ?” »

Mathéo, 12 ans, Le Plateau-Mont-Royal

Non seulement les enfants ont-ils accès à une belle variété de fruits, mais on remarque qu’ils sont aussi outillés pour savoir ce qui fait qu’un aliment est bon pour la santé ou non.

Non seulement les enfants ont-ils accès à une belle variété de fruits, mais on remarque qu’ils sont aussi outillés pour savoir ce qui fait qu’un aliment est bon pour la santé ou non. Plusieurs jeunes ont été en mesure de donner des explications à ce sujet :

« Les aliments qui donnent de la force, des fruits, des légumes, des protéines. »

Michel-Ange, 9 ans, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

« Tu regardes derrière [l’emballage], tu regardes combien il y a de sucre, de fibres... il y a 18 g de sucre dedans, c’est beaucoup ! »

Jules, 10 ans, Rosemont–La Petite-Patrie

« C’est un aliment qui contient pas mal tous les nutriments essentiels au corps, comme les fibres, les vitamines, les sucres... les glucides et autres nutriments. »

Antoine, 12 ans, Anjou

« Il y a des aliments pas si santé quand il y a du sucre ajouté [en pointant les aliments qui leur sont offerts]. J’aime mieux les fruits. »

Loïc, 11 ans, Saint-Laurent

Dans une grande majorité de cas, la conception de ce qu’est une collation santé renvoie justement, en premier lieu, à un fruit (souvent tropical), et en deuxième lieu (en matière d’occurrences), à des légumes. Il y a eu quelques enfants pour nommer la viande, mais, la question ayant été posée de différentes façons, en utilisant les termes « aliment santé » plutôt que « collation santé », il se peut que cela ait induit ce genre de réponses plus surprenantes. Un jeune a même répondu « le safran ». Cela montre malgré tout que quelques-uns sont bien conscients de la diversité alimentaire et des propriétés de certains aliments.

En dehors des débats autour de la collation et des discussions ayant trait directement à l’alimentation, la question de la nourriture a resurgi à différents moments des Tours de tables. Dans ce cas, elle était reliée au plaisir et constituait un élément pivot dans les représentations que les enfants se faisaient de leur ville. Par exemple, lorsqu’on demandait aux enfants et aux adolescents de dire ce qu’ils aiment de Montréal, plusieurs ont parlé de leurs expériences culinaires :

« Moi, j’aime aller au Quai des glaces avec ma famille manger de la crème glacée l’été. »

Evelyne, 8 ans, Lachine

« Les gaufres de chez Copette ! [...] Chez Copette, c’est à quelques coins de rue et il y en aura plus tard aujourd’hui dans la journée [en parlant d’un camion de cuisine de rue présent dans le parc pendant La Grande Tournée]. »

Youssef, 11 ans, Verdun

« Et aussi, j’aime les Diperies [un magasin de crème glacée], et j’aime aussi ce parc. »

Teccara, 9 ans, Le Sud-Ouest

« La bouffe bien sûr. J’aime ça manger différent, en tout cas, ça me plaît certains mets québécois, aussi le mélange des nourritures. [...] Y’a pas vraiment de nourriture montréalaise, mais c’est juste que la différence de nourriture... que si ça te tente aujourd’hui d’aller manger indien, tu pourrais y avoir accès. »

Sylvie, 14 ans, Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce

« Moi, je pense tout de suite à la diversité. On peut faire le tour du monde en visitant 5 restos. Tu peux voir toutes les cultures. »

Ghita, 13 ans, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

« J’aimerais que les gastronomies de tous les pays viennent au Canada pour qu’on les goûte. Comme les sushis, ça nous permet de connaître cette gastronomie. Il y a des gastronomies qu’on ne retrouve pas à Montréal. Les boureks on ne connaît pas bien, ici par exemple. Les mets algériens ont les connaît un peu moins. »

Mehdi, 8 ans, Ahuntsic-Cartierville

Pour un petit garçon de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, la crèmerie de son quartier est un point de repère dans l’espace, mais aussi, « l’une des choses [qu’il] aime le plus ». Dans Le Sud-Ouest, plusieurs plaçaient le fait d’aller au restaurant parmi les aspects qu’ils appréciaient le plus à Montréal. À Lachine, Miya, 11 ans, fantasme sur le centre-ville, notamment pour la diversité de restaurants, et la nourriture (« chère ») qu’on peut y trouver.

Comme le plaisir de manger fait partie de leurs préoccupations, de jeunes Montréalais ont formulé des souhaits pour leur environnement alimentaire. Par exemple, Alex, 13 ans, de LaSalle, nomme les restaurants du centre-ville comme référence par rapport aux fast-food offerts dans son quartier et affirme qu’il voudrait qu’il y ait de bons restaurants italiens ou asiatiques à LaSalle. Des enfants d’Ahuntsic-Cartierville disent aussi aimer les restaurants, notamment ceux qui leur permettent de faire des « découvertes », et rêvent « qu’on découvre encore plus les saveurs du monde à Montréal ».

Pour finir, cet amour de l’alimentation qui est offerte à Montréal se reflète aussi dans la vision d’ensemble qu’ont les jeunes de leur ville. À la question « Si Montréal était une personne, comment serait-elle ? », Miya, 11 ans, de Lachine, a répondu qu’elle serait « vraiment grande » et qu’elle aimerait beaucoup manger dans des restos de cuisines différentes, tandis qu’Ariane, 8 ans, de Saint-Léonard, a répondu qu’à Montréal, « il y a beaucoup de fruits » et que si c’était une personne, elle s’habillerait conséquemment « avec beaucoup de couleurs ».

« Elle fait de son mieux pour être une ville en santé. Elle ressemble à une pomme... »

Floriane, 10 ans, Lachine

L’enjeu de l’accès géographique à l’alimentation

L’alimentation n’est pas seulement une source de plaisir. La thématique a aussi été discutée lors des Tours de tables par l’entremise des questions d’accès aux aliments sains. Les jeunes de 12-17 ans ont décrit les différents types d’offres alimentaires à leur disposition. Bien sûr, certains semblent peu concernés par cette question, puisque ce sont leurs parents qui sont responsables des achats alimentaires :

« Moi, je ne fais pas vraiment les épiceries, ce sont plus mes parents. »

Andéol, 13 ans, Outremont

On remarque également que le discours des parents imprègne celui de leurs enfants en ce qui a trait à l’accès économique à l’alimentation. Par exemple, dans Outremont, autant les enfants que les adolescents qualifient un commerçant de « voleur » à cause du prix élevé auquel il vend des fruits et légumes de mauvaise qualité, à leurs dires. Pour ce qui est de l’accès physique, tous les adolescents de cet arrondissement sont en mesure de nommer des commerces de proximité pour l’achat d’aliments. Même chose pour les jeunes rencontrés dans l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal et dans ceux de Ville-Marie et d’Ahuntsic-Cartierville, par exemple.

À L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, tout semble également accessible, entre « trente secondes à pied » et cinq minutes « en marchant ou en vélo ».

Outre les commerces de proximité, pour plusieurs jeunes, ce sont les épiceries ou les supermarchés qui seraient synonymes d’accès à une alimentation saine. Par exemple :

« Pour moi, c’est accessible, j’ai deux fruiteries proches de chez moi, dans les dépanneurs ils mettent des collations santé et à l’école la cafétéria est toujours ouverte, donc il y a toujours des snacks santé. Y’a pas de Maxi, mais je trouve le moyen de bien m’arranger. Sinon y’a plein de restaurants et de dépanneurs. Pourquoi pas remplacer les restaurants par une bonne épicerie ? »

Mégane, 13 ans, Rosemont–La Petite-Patrie

Selon cette adolescente, au lieu de construire des condos, il serait plus pertinent de construire des épiceries et « des choses vraiment utiles ». Malgré l’offre alimentaire à laquelle elle a accès, elle souhaiterait donc qu’on privilégie la construction de magasins à grande surface. Dans un autre quartier, un jeune semble partager ses préoccupations et juger l’accès aux magasins d’alimentation essentiel à son bien-être quotidien :

« J’aime pas qu’ils ferment les magasins et en mettent d’autres qui ont moins de choses qu’avant. Il y a moins de choses à manger parce que les magasins ferment. Il y en a un que je connais qui a fermé... même deux ! »

Jahromey, 8 ans, Verdun

Pour leur part, les adolescents du même arrondissement (Verdun) disent tous avoir accès à une épicerie à distance de marche, à l’exception d’une jeune fille qui emprunte la voiture de sa mère, car, à pied, cela lui prendrait de 20 à 30 minutes. Cela montre que l’accessibilité des produits alimentaires est assez inégale, même au sein des arrondissements. À Pierrefonds-Roxboro par exemple, une partie du groupe d’adolescents jouit d’une belle offre de proximité, alors que d’autres sont très éloignés des rues plus commerçantes et des épiceries.

Dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles aussi, de nombreux adolescents affirment pouvoir accéder à des épiceries à pied, tandis qu’une d’entre eux, Dieynaba, 16 ans, affirme au contraire : « je dirais que c’est un désert alimentaire ». Elle doit se déplacer en auto ou en autobus pour pouvoir se procurer des aliments sains. Au moins, concède-t-elle, il y a des dépanneurs qui sont proches de chez elle.

Dieynaba n’a pas tort de qualifier son quartier de « désert alimentaire ». Le rapport de la Direction de la santé publique de Montréal (DSP), Étude sur l’accès aux aliments santé à Montréal (2013), montre que l’est de l’île compte des déserts alimentaires de grande superficie. Pour pallier cette situation, différents projets ont été mis en place ces dernières années dans cette zone de l’île. C’est peut-être certains de ces projets qu’évoquent les camarades de Dieynaba lorsqu’ils parlent de la vente occasionnelle de fraises dans des dépanneurs de leur quartier et d’un marché saisonnier qu’ils apprécient, mais dont ils déplorent l’éphémérité. Pour améliorer encore l’accès alimentaire dans les quartiers de l’est, plusieurs organismes des milieux communautaire, municipal, de la santé et de l’éducation se sont donc regroupés pour créer en 2017 un projet de revitalisation du système alimentaire dans l’est de Montréal, nommé le Réseau alimentaire de l’Est (Florent, 2017).

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve fait partie des arrondissements touchés par cette initiative. Selon les données que nous avons recueillies lors des Tours de tables, l’accès à l’offre alimentaire semble aussi difficile en transport actif pour plusieurs des familles des enfants (6-11 ans) que nous y avons rencontrés, comme le montre cet extrait :

« Nous, y’a pas de fruiteries ou de magasins proches de chez nous. On doit y aller en voiture et il y a la fruiterie 440 l’autre bord... près des galeries d’Anjou. C’est comme 15 minutes. »

Jasmine, 11 ans, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

« On connaît un marché, ils vendent des fruits, mais il faut y aller en voiture, car en marchant c’est trop long. En voiture, c’est juste cinq minutes. »

Kyron, 11 ans, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

« On prend la voiture. Faut descendre la côte, après on est arrivés au magasin. Mais pas à pied sinon ça va être plus long. »

Rida, 6 ans, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

À Lachine, qui, selon la DSP (2013), compte plusieurs déserts alimentaires, les épiceries et endroits où acheter des aliments sains ne sont pas accessibles à pied pour les enfants et adolescents que nous avons rencontrés. Les jeunes de ce quartier évoquent les dépanneurs, mais, précisent-ils, on n’y vend pas d’aliments frais. Il est intéressant que ces jeunes aient soulevé cet enjeu, car la Ville de Montréal et plusieurs partenaires ont justement instauré dans quatre quartiers montréalais, dont Lachine, le projet-pilote « Dépanneur fraîcheur » pour améliorer l’accès aux fruits et légumes dans ces commerces de proximité montréalais.

Enfin, à la lumière des données recueillies pendant les Tours de tables, on peut soulever la question de la marchabilité. Selon la DSP, la distance raisonnable maximale à réaliser à pied pour acheter des aliments sains est 500 mètres (DSP, 2013). Mais du point de vue des jeunes, quel temps de marche est acceptable ? Les extraits suivants montrent que cela dépend de la perception de chacun :

« Derrière chez moi, il y a comme un magasin de fruits, des légumes. »

Aïcha, 14 ans, Montréal-Nord

« Plus ou moins parce qu’il faudrait que je marche cinq à dix minutes, c’est le super C. »

Anderson, 14 ans, Montréal-Nord

« Il n’y a pas vraiment de magasins près de chez moi, il faut que je marche 20 minutes, pour aller rue Lacordaire. Il y a de la... comment on dit ça, de la charcuterie ! Et c’est là où je vais. »

Liu, 13 ans, Montréal-Nord

« J’y vais à pied, parce qu’il y a un Métro près de chez moi. »

Antoine, 12 ans, Anjou

« Ce n’est pas loin de chez moi, j’y vais en voiture, 15 minutes. »

Ulrich, 14 ans, Anjou

La notion de proximité est toute relative. Elle est tributaire des référents de chacun, du modèle éducatif, mais aussi du profil socioéconomique, puisque la possession d’un véhicule, par exemple, peut avoir un impact sur la perception de cette notion de proximité.

Valoriser l’agriculture urbaine

Certains jeunes l’ont évoqué : l’accès à des aliments sains peut passer en partie par l’entremise de l’agriculture urbaine.

« Moi, [mon aliment santé préféré] ce serait les concombres et quelques autres fruits, puis j’ai une épicerie juste à côté de la maison faque je pourrais y aller à pied. Et puis sinon on a toujours le jardin derrière à la maison [...] C’est un jardin juste à nous avec quelques légumes dans la cour. Cette année on a juste : basilic, menthe, tomates d’habitude on a plus d’affaires, mais cette année c’est ça qu’on a. »

Annabelle, 12 ans, Anjou

« Ouais, mais on prendra pas les tomates vertes. Moi, c’est les tomates et les fraises, les tomates je les prends dans mon jardin et les fraises dans l’épicerie à côté de chez nous. »

Rosalie, 10 ans, Anjou

« [Moi, j’aimerais] avoir plus de jardins et d’arbres fruitiers... gratuits parce que j’aime les fruits. »

Victoria, 9 ans, L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève

Ces jeunes citadins reconnaissent les bienfaits de l’agriculture urbaine et aspirent à un Montréal nourricier, qui fasse une belle place aux arbres fruitiers, aux potagers, aux jardins partagés. Romy, 12 ans, de Pierrefonds-Roxboro, rêve ainsi qu’il y ait davantage de jardins communautaires, « car c’est beau et agréable », et qu’en plus de fournir de bons légumes locaux, cela permet de « voir les gens ensemble », réunis par un projet fédérateur.

Selon elle, ces potagers partagés permettraient d’utiliser les espaces vides tout en créant des lieux d’activité pour les jeunes. L’intervention de Romy montre qu’elle connaît quelques-unes des multiples fonctions sociales et urbanistiques de l’agriculture urbaine : l’aménagement, l’éducation, la sécurité alimentaire, l’écologie, les interactions sociales, le développement économique, etc.

Le discours des enfants et des adolescents rencontrés lors des Tours de tables dénote donc une conscience de la diversité alimentaire en ce qui concerne les saines habitudes de vie et l’offre gastronomique et culinaire à Montréal. Synonymes de plaisir, ces aspects s’opposent aux difficultés d’accès aux aliments sains qui subsistent dans plusieurs quartiers montréalais. L’accès alimentaire suscite tout de même des espoirs, ceux de favoriser la construction et le maintien de commerces alimentaires et de restaurants pour une offre optimale et diversifiée dans tous les quartiers et, enfin, de revitaliser les milieux de vie montréalais grâce à l’agriculture urbaine.

Éliane Brisebois est journaliste indépendante et agente de recherche à l’UQAM, spécialisée dans les sujets du gaspillage alimentaire, des systèmes alimentaires alternatifs et de la transition écologique.